Cette année 2016, le pèlerinage est parti de Molinaseca, le 3 juillet, et est arrivé à Santiago de Compostela le 14 juillet 2016.

Parti de Paris en 2011, voilà l’aboutissement de la troisième aventure humaine de Compostelle 2000, celle d’un groupe qui s’est soudé, chaque année un peu plus. Un constat : cette expérience apporte autant, voire plus, aux accompagnateurs qu’aux PMR. 

 Vous pouvez suivre nos étapes ICI

   20160705 073421 Prélude :

Quelques jours avant le démarrage, Elisabeth Gonthier nous informe que son mari s’est fait hospitaliser dans la nuit et ne pourra donc pas participer au pèlé cette année. C’est bien triste d’autant plus qu’elle devait animer un atelier de coquilles Saint Jacques. Heureusement son état de santé s’est très vite amélioré et elle a décidé de nous rejoindre.

L’équipe logistique (et notamment Soizik et André) démarre de Bretagne Nord pour prendre Jean Briot, Pierre Mathieu pour se rassembler à Dax. Certains vont à Ychoux pour récupérer les camions.

Ils partent ensuite directement à l’Arrayade où ils préparent le chargement des camions. Pendant ce temps, quelques-uns font les premières courses au supermarché.

Les parisiens ont choisi de partir dès vendredi pour éviter de se lever trop tôt.

Première mésaventure : Jérôme a raté le train de 14h25 avec Jean-François. Ils ont pu rebondir dans celui de 17h25 avec un peu de forcing.

Les 12 autres parisiens attrapent aux aurores le premier train du samedi à 6h26.

Bérengère vérifie que tout le monde est là grâce au contrôleur qui interroge sa base et qui me précise les places et voitures. Merci l’informatique.

P1Nous nous retrouvons tous à Dax sauf l’équipe logistique qui est déjà partie préparer le lieu de camp à El Bierzo peu après Ponferrada.

Nous y arriverons après 8 heures de car.

Nous sommes allés nous coucher dans nos tentes après avoir entendu la gazette préparée par Emmanuelle et Chantal, gazette portant sur la présentation drôle et bienveillante de chacun des pèlerins.



Dimanche 3 juillet

les pèlerins ont démarré la sixième et dernière étape du pèlé PMR initié à Paris en 2011.

Les anciens ont accueilli les 8 nouveaux qui se sont très vite intégrés. Ce matin, les yeux ont du mal à s’ouvrir car la nuit a été plus que fraîche et le village a fait profiter les pèlerins d’un concert de pop musique jusqu’à 4 heures du matin.

Chacun reprend ses habitudes ; le car attend les marcheurs à 7heures pour les emmener à Molinaseca. Ce n’est pas seulement le point de départ de cette année mais aussi la rencontre de Didier Martin qui revient de Santiago.

Nous traversons la ville où selon la légende, à l’époque des templiers, la vierge apparût à l’intérieur de l’un des chênes de la forêt de Ponferrada qu’on était en train de couper pour construire le château.

P2Nous retrouvons les PMR à Santa Maria de Compostella et avons débuté l’envoi spirituel par la bénédiction des pèlerins devant des fresques d’une chapelle.

Jacques organise les équipes autour des joëlettes et nous voilà partis vers Camponaraya.

La première journée se termine à Camponaraya assise sur les bords de la Naranaya.

A l’arrivée au camp, un bon déjeuner ressource les appétits aiguisés par la marche.

Puis comme un rituel, douche, lessive, vaisselle et sieste auquel, il faut ajouter la constitution d’une bibliothèque organisée par Clément et Emmanuel (PMR).

Certains s’échappent pour voir le tour de France et d’autres se réservent le match de foot de la soirée (France –Islande).  

A 18h, nous n’oublions pas le rituel, à savoir le bar géré par Marie-Christine.

Nous avons avancé l’heure du repas pour ne pas frustrer les adeptes du football (match de quart de finale France-Islande). Très peu de suspens car les points ont été très vite marqués lors de la première mi-temps.

Chacun est heureux de retrouver son lit après cette première journée de marche mais nous avions du mal à trouver le sommeil car le concert de la nuit précédente a fait un « bis ».

 

Lundi 4 juillet 2016 :

La nuit a été encore fraîche mais les tentes avaient tenté de garder la chaleur de la journée. Le billet doux de Pierre rapportait une fable du Lion et du troupeau de chèvres dont la morale était la suivante : « Nous devrions garder à l’esprit que notre corps ne constitue pas notre véritable « Soi » et que notre âme a d’infinies ressources ».

Les marcheurs ont démarré à Camponaraya et se sont dirigés vers Cacabelo, vieille localité recensée dès le Xe siècle. P3Ils retrouvent ensuite les PMR à Villafranca del Bierzo où l’on peut découvrir l'église de Santiago au portail historié du XIIe siècle. Nous vivons le temps spirituel et l’envoi dans le jardin jouxtant la collégiale Santa Marie de Cluniaco (XVIe). A la fin, André et Soizik Lasterre nous annoncent avec beaucoup d’émotions la naissance de leur petite fille Jeanne ce matin même.

Par un privilège du pape espagnol Callixte III, les pèlerins malades qui ne pouvaient continuer le chemin pouvaient se voir accorder le jubilé avec les mêmes droits que ceux qui arrivaient à Santiago.

Notre étape de ce jour se terminera à Trabadelo. La chaleur est forte et nous avons tout au long de la fin de l’étape nous avons marché sur le macadam avec un bord de la route protégé.

Il est presque 14h et nous n’avons pas perdu de temps pour regagner le camp et se restaurer. Comme la veille, lors de cet après-midi bien entamé, chacun a vaqué à ses occupations avant l’ouverture du bar qui a étendu ses activités (vente de timbres) ;

Au cours de l’apéritif, nous avons dégusté le rhum apporté par Lucette de la Guadeloupe ; puis dès la fin du dîner, après avoir entendu la gazette de Clément et Elisabeth, chacun est parti rassembler ses affaires en vue du déménagement prévu le lendemain matin vers le camping de Sarria.

 

Mardi 5 juillet :

Les marcheurs se lèvent aux aurores pour rejoindre le car qui les a déposés à Vega de Valcarce. Pendant ce temps l’équipe logistique démonte le camp.

Les PMR rejoignent les marcheurs sur le chemin de San Tino.

Encore quelques jours avant d’atteindre Saint Jacques. Mais aujourd’hui la marche est superbe mais difficile ; Nous passons de 630mètre d’altitudeP4 à 1330 mètres en traversant les villages de Laguna de Castilla et enfin O Cebreiro.

O Cereibrero, un des villages les plus pittoresques du chemin qui vous propulse hors du temps avec ses « pallozas » aux toits de paille. Le toit de ces huttes, héritées de la Préhistoire est de paille de seigle (olmo) cousue avec des liens de genêts (retama). Il couvre des murs bas fait de pierres avec de lourds encadrements d’ouverture en pierre taillées et des fenêtres très réduites ;

Ce lieu est ce lieu est surtout célèbre pour le miracle eucharistique qui eut lieu dans l'église Santa María la Real. L'histoire se passe au XIIIe s, au cours d'un hiver particulièrement rude, alors que la neige ensevelissait le Cebreiro et que le vent cloîtrait chez eux les habitants. Un paysan des environs voulut à tout prix se rendre à la messe à laquelle il avait coutume d'assister tous les jours. Il faillit périr en chemin et arriva exténué à l'église. En le voyant, le prêtre pensa : « Quelle folie que de risquer sa vie pour venir voir un peu de pain et de vin ! » Au même instant, l'hostie se changea en chair et le vin en sang. Depuis lors, on conserve le calice et la patène au lieu du miracle, ainsi que les saintes espèces.

Nous y avons fait le temps spirituel auquel se sont joint trois américains (deux séminaristes et un de leurs amis) qui avait aidé à la fin de la côte.

Avant de redescendre en car dans la vallée, chacun s’est promené dans les petites rues. La brume qui souvent enveloppe le Cebreiro sur le fait de la cordillère Cantabrique participe à l’ambiance singulière de ce village qui est dans tous les sens du terme un haut lieu du Chemin. Nous rentrons en Galice après avoir quitté la Castille-et-Léon.

De retour au camp vers 15 heures, nous déjeunons à l’heure espagnole ; Ensuite de nouveau, les marcheurs comme les PMR prennent leurs marques dans ce nouveau camp.

 

La soirée a été organisée avec l’apéro, le dîner et la gazette de Jean-François et de Jérôme. Chaque PMR a réussi à entraîner les valides à faire le récapitulatif de la journée, sous forme de gazette qui est lue chaque soir après le dîner.

 

Mercredi 6 juillet :

Les marcheurs rejoignent l’O Cebreiro, promontoire à 1 300 mètres, ce qui leurs permet de jeter un dernier coup d’œil aux paysages du Bierzo avant de découvrir la Galice.

P5Au col de San Roque, chacun se fait prendre en photo à côté du pèlerin de métal qui affronte le vent qui peut souffler souvent sur ces hauteurs.

A Hospital da Condesa, la porte de l’église du village présente une coquille et une croix de Saint Jacques sur le clocher.

Les marcheurs retrouvent les PMR à Fonfria. Mais comme ils sont en retard, ils peuvent admirer l’humble église San Juan, toute de dalles granit, qui possède un clocher-mur à deux arcades.

Tout au long de la matinée, le groupe entamera une belle descente qui passe par le village de Biduelo (avec son église San Pedro qui est la plus petite du Camino – ancienne chapelle de l’ordre de Saint Jean) pour arriver à Triacastella.P6

Triacastella abrite la grotte Eiros où ont été trouvés des restes d’Homo néanderthalensis et Homo sapiens. A la sortie du village, on découvre une haute et mince pyramide de pierres ornée d’une épée métallique et coiffée d’une petite statue de pèlerin : elle rappelle la tradition selon laquelle les pèlerins se chargeaient d’une lourde pierre calcaire extraite d’une carrière proche et ce, afin de bâtir la basilique de Compostelle, ces pierres étant transformées en chaux.

Apparaissent le long du chemin les premiers « Horreos », greniers typiques de la Galice, à grains ou à maïs perchés sur 4 piliers pour protéger la récolte de l’humidité du sol et des prédateurs

Le groupe a profité de l’aide de plusieurs étudiants espagnols qui se sont proposés de tirer la joelette. C’est toujours une grande joie de profiter de ces aides ponctuelles.

Arrivés au but de cette journée, la première joëlette s’est vu remettre des chapeaux de paille publicitaires avec des boites de sardine.

Chacun somnole dans le car pour le retour au camp où Pierre le cuisinier nous avait préparé un buffet revigorant.

De nouveau chacun va vaquer à ses occupations avant l’ouverture du bar.

Jean continue sa cueillette de cèpes dans les sous-bois attenant du campement.

L’atelier de coquilles Saint Jacques a été ouvert. Et chacun imagine comment les décorer.

La pluie nous surprend en fin d’après-midi, et aussitôt l’équipe logistique monte la grande tente pour les repas mais au moment du dîner, le soleil a réapparu. De nouveau, nous voilà à déménager les tables pour le dîner qui sera suivi de la gazette préparée par Daniel et Christine portant notamment sur leur ressenti de cette belle aventure à savoir le pélè PMR .

Après le dîner les adeptes du football vont voir la demie finale, mais très vite, ils se sont endormis et ils ont regagné leur tente.

Jeudi 7 juillet :

Les marcheurs regagnent en car la ville de Tricastella pour se diriger vers l’abbaye royale Saint Julien de Samos, communauté religieuse appartenant à la province espagnole de la Congrégation de Subacio (confédération bénédictine).

A Lusio, peu avant Samos, nous avons pu voir près d’une maison forte, une caballeriza de peregrinos (écurie de pèlerins) en ruine avec une croix de Saint Jacques ;

P7Le monastère de Samos existe depuis le VIIème siècle. Il ne reste de ses origines qu’un arc mozarabe dans la petite chapelle du sauveur. Du XIIème siècle, subsiste une porte romane dans l’angle du cloître gothique doté de la fontaine monumentale des Néréides. Le grand cloître et l’église sont de style classique.

Nous retrouvons les PMR et nous visitons le monastère après avoir été accueillis par un moine.

Après la visite, nous allons piqueniquer dans un sous-bois. Pierre avec son camion a apporté tout le déjeuner.

Puis, nous voilà repartis pour une marche de 14km avec les PMR. Au début, à la sortie de Samos, nous trouvons la route qui se transformera rapidement en chemin sous les bois. Mais nous passerons l’après-midi à monter et descendre sur les chemins entre les villages qui sont souvent composés de quelques maisons.

Quelques km avant de regagner le camp, un jeune étudiant parisien propose son aide pour tirer les joëlettes. Il nous accompagnera jusqu’à l’arrivée au camp que nous atteindrons avec les joëlettes.

Il se joindra à nous pour le dîner et il couchera sous la tente avec nous.

Encore une belle rencontre qui fait très plaisir à Clément (PMR) car ils doivent aller tous les deux à Cracovie pour les JMJ.

 

Dîner sous les arbres où chacun partage ses émotions de la journée suivie de la gazette préparée par Bernadette et Michèle, la journée en chanson.

Ensuite devinez où se retrouve les pèlerins : devant le poste de télévision pour voir la demie finale de l’Euro 2016 de football (France – Allemagne) ; ceux qui étaient partis se coucher devinaient le score en entendant les « Hourra » des spectateurs. Fiers de leur pays, les amateurs du foot vont se coucher en distillant la victoire.

Vendredi 8 juillet

Lever aux aurores comme d’habitude. Aujourd’hui, les marcheurs partent directement du camping à pied, pas tout à fait car ils ont décidé de tester la joëlette pour tenter d’appréhender les sensations des PMR. Chacun montera à son tour ce qui étonne les pèlerins que nous croisons. Est-ce un miracle ? Ils remarquent qu’au bout de quelques minutes, les PMR sont très secoués et ils manquent d’appui pour le cou…..

C’est dans la partie haute de la ville de Sarria, située au confluent de la Sarria et du Pequeno que nous cheminons dans les rues qui ont conservé leur aspect médiéval ; Nous remontons la calle Mayor, la plus vivante de la cité pour découvrir une grande tour envahie de lierre, seule vestige de la forteresse médiévale destinée à la défense des pèlerins.

Le chemin contourne la forteresse et arrive au couvent de la Madeleine fondé par Alphonse IX qui lui aussi accueillait les jacquets. Ce fût également un hôpital de Saint Jean de Jérusalem.

Le chemin prend la forme d’une pente raide qui descend jusqu’à un vieux pont roman (pont Aspera) à une seule arche qui franchit la rivière Pequeno.

Le chemin traverse une des dernières forêts composées d’essences naturelles (chênes, pins et hêtres. Les hameaux vont se succéder, égaux les uns des autres en alternance avec les prairies et les taches sombres des forêts de chênes.

Nous passerons par le village de Ferreiros où les ferronniers rendaient aux pèlerins les indispensables services à savoir clouter les chaussures, ferrer les chevaux…..

Cette étape se terminera à ¨Portomarin, étape qui dégage un charme particulier. Du fait de la construction du barrage qui devait l’engloutir, le P8village transplanté sur la hauteur voisine. Au centre de la coquette cité, on a remonté pierre par pierre l’église fortifiée romane San Nicolas du XIIème siècle. L’église San Pedro dont le portail porte la date de sa consécration a été également reconstruite.

Nous retrouvons le car, Dominique et le véhicule PMR. Nous avons eu la joie d’avoir avec nous Alain, le chauffeur-pèlerin et Jean Briot qui répare tout et particulièrement les joëlettes.

Nous sommes de retour au camp vers 15 heures. Notre rythme se colle de plus en plus à l’heure espagnole.

Après avoir visionné le tour de France à la télévision parce que la caravane traverse le petit village de 245 habitants -Chelle Dehat qui a pour maire Christine l’une des pèlerines du groupe.

L’atelier de coquilles Saint Jacques a ré-ouvert et chacun s’est mis à l’œuvre pour faire des trous, dessiner, vernir…… C’est une vraie ruche bien sympathique.

Puis, compte tenu du décalage horaire, nous sommes très vite au dîner qui se terminera par la gazette présentée par Claudette et Pascale. Elles font un sketch entre une grand-mère qui décrit à sa petite-fille le pèlé PMR. C’est vraiment très drôle.

Chacun retrouve son lit avec grand plaisir.

Samedi 9 juillet  

P9L’étape du jour marque la fin proche du pèlé. Les amis commencent à évoquer l’arrivée à Santiago. Il reste encore 4 jours avant d’atteindre Santiago. Demain, dimanche le groupe fait une pause car depuis quelques jours, le rythme est très soutenu.

On continue la marche par Hospital puis on retrouve les PMR à Ventas de Naron. Un charmant petit oratoire roman borde la route à la sortie du hameau de Ligonde où Charles le Quint et Philippe II se sont arrêtés lors de leur pèlerinage à Compostelle.

Comme vous pouvez le voir sur la photo, les descentes sont parfois acrobatiques.

Peu avant l’arrivée de Palas de Rei, chacun tente d’apercevoir pour la première fois Saint Jacques de Compostelle qui n’est plus qu’à quelques dizaines de KM. Mais, on peut dire que personne ne l’a repéré.

Nous retrouvons le car en bas de l’Ayuntamiento qui nous ramènera jusqu’au camp de Sarria.

Retour au camp pour déjeuner à l’heure espagnole.

On finalise l’atelier de coquilles Saint Jacques. En fin d’après-midi, les préposés à la gazette s’attellent à la rédiger pendant que les autres aident Pierre à préparer le dîner. A tour de rôle, les pèlerins se mettent au service des PMR pour la toilette et les accompagner pour leur repas.

Ceux qui n’ont pas de service se retrouvent au bar avant d’aller dîner. Ce soir c’est Michel E et Monique L qui nous retracent la journée.

Dimanche 10 juillet

C’est notre jour de repos. Les pèlerins en profitent pour se faire une grasse matinée, pour traîner un peu, rédiger leur courrier, se détendre et faire un peu de rangement dans leurs affaires.

La plupart iront dans la ville de Sarria, dont le nom constitue déjà un indice de l’ancienneté de cette agglomération.

Ceux qui souhaitaient assister à un office ont pu aller P10

  • -          Soit à l’église paroissiale romane Santa Marina, représentante typique du roman rural galicien,
  • -          ou alors au couvent de Magdalena, aujourd’hui régenté par la communauté de la Merci.

Puis après chacun s’est égayé dans la ville pour déjeuner et goûter notamment « les pulpos », recette asturienne ;

Nous nous retrouvons tous au camp pour commencer à le démonter car demain, c’est le départ pour notre troisième et dernier lieu de camp.

 

Nous dînons tôt, football oblige ; ce soir c’est la finale France / Portugal.

Aussitôt, la dernière bouchée avalée, nous écoutons la gazette préparée par Grabriella et Monique C.

Ensuite les adeptes du foot se précipitent pour voir au bar du camping la télévision qui retransmet le match (score 1/0 pour le Portugal vers la fin des prolongations).

Lundi 11 juillet :

Debout aux aurores et même avant (5h15) pour finir nos bagages, plier nos lits, démonter les tentes…..

Les marcheurs reprennent peu après le chemin à Palas del Rei. Le chauffeur du car, Alain ne retrouve pas le chemin de la route et nous dépose deux km trop loin.

Le rythme est soutenu et nous voilà arrivés plus d’une demi-heure d’avance au lieu où nous devions retrouver les PMR. Nous avons cheminé sur une chaussée ancienne qui a conservé son dallage médiéval et un pont d’origine romaine permettant d’accéder à cette première localité de la province de la Corogne

P11Une fois traversé une lande dite de la Magdalena, le chemin descend et pénètre dans Furelos par un pont romain.

Nous faisons le temps spirituel dans l’église de Furuelos, lieu où le Christ en Croix est représenté avec le bras droit descendu.

Nous repartons tranquillement vers Melide qui fût une importante station sur le chemin de Saint Jacques comme en témoignent ses deux églises romanes. C’est ici que l’on retrouve les pèlerins venant d’Oviédo et du primitivo.

Nous poursuivons notre chemin quelques km après et nous retrouvons le car qui nous amènera à Monte do Gozo pour déjeuner à l’heure espagnole.

L’équipe logistique a déjà installé le camp et nous accueille avec un bon repas.

Nous avons pu obtenir une chambre pour handicapé pour Catherine et Jérôme qui seront accompagnés de 2 pèlerins chacun.

 

Dans la soirée, nous avons accueilli la cinquième PMR, Catherine accompagnée de Babeth qui était restée pour voyager avec elle, son fils Samuel, étudiant en médecine, ne pouvant pas se libérer. Avec eux s’étaient joints deux pèlerins de Tours qui avaient participé à plusieurs étapes, Brigitte et Paul ;

Dîner de retrouvailles très joyeux.

Le lieu où nous campons se remplit peu à peu avec une famille en bicyclette et 2 jeunes enfants ; Une colonie de vacances espagnole, des pèlerins, des retraités……

Mardi 12 juillet

De nouveau sur le chemin dès 7h30. La nuit a été très fraîche. Ce qui n’a pas permis d’avoir un repos réparateur.

Nous retrouvons le chemin à Castanada peu après Melide.

Qu’elle est belle la campagne si près du but, il serait dommage de se presser et plus aucun risque de se perdre, étant donné les bornes tous les cinq cents mètres. Nous croisons de plus en plus de pèlerins.

Arzua plonge le pèlerin dans une atmosphère citadine affairée que nous avions oubliée depuis bien des jours. Après Arzua , le chemin traverse une verte vallée où coule le Ferreiros, ruisseau qui rappelle par son nom la vieille tradition artisanale des forgerons ;

On trouve ensuite une série de hameaux qui jalonnent le parcours, cachés parmi les eucalyptus ;

A Calzada, nous retrouvons les PMR. Ils sont au nombre de 5 depuis l’arrivée de Catherine. Lorsque nous démarrons, tous les pèlerins assis à la terrasse d’un bar applaudissent la longue file indienne des pèlerins de Compostelle 2000.P12

Le paysage est envoutant avec ces massifs d’hortensias qui déclinent une symphonie de bleus. L’étape du jour se terminera à Santa Irèna pour rejoindre ensuite le camp vers 15 heures.

Le repas nous attendra et ensuite chacun vaquera à ses occupations pour préparer les deux derniers jours de notre pèlerinage.

 

Mercredi 13 juillet

La tension monte. Les questions du groupe fusent sur notre prochaine arrivée à Santiago.

Nous voila de nouveau démarrant sur le chemin dès 7h30 à Alto de Santa Irène Nous passons à Bugo, Arca (Pedrouso) et San Anton, Amenal, nous traversons un pont puis la route pour continuer ensuite à travers la végétation jusqu’à Cimadevia. Nous faisons de belles rencontres comme un couple qui vient du Pas de Calais et qui propose leur aide pour tirer les joelettes ;

Arrivés dans la localité de San Paio, petite agglomération qui a su conserver partiellement son apparence ancienne, nous avons retrouvé les PMR. Nous avions croisé depuis deux jours une famille de Grenade (les parents et leurs trois filles accompagnés d’un petit copain. La dernière âgée de deux ans, Manuela s’est mise sur les genoux de Jacqueline (PMR) et elle s’est même endormie sur la joelette pendant que sa sœur aînée tirait et son Papa poussait.
La joie était partagée entre les parents, les enfants et les pèlerins.

Nous traversons Lavacolla et chacun se raconte l’histoire de ce lieu à savoir : les pèlerins après s’être dépouillés de leurs habits se baignaient dans la rivière pour se défaire de la saleté accumulée un voyage de plusieurs mois et se présenter de la sorte, bienséants et propres devant le Seigneur Saint Jacques. à qui ils offraient leur pèlerinage et dont ils attendaient tant. Le nom galicien du cours d’eau vient précisément de cette habitude de se laver (« lava ») complétement même les parties les plus intimes (« colla »).

P13Nous terminons la marche de cette journée au Monte do Gozo dont le versant occidental nous permet d’apercevoir la ville de l’apôtre.

Nous faisons le temps spirituel devant le mémorial de Jean Paul II. Nous en profitons pour faire la photo de groupe.

Après le déjeuner, les organisateurs vont à Santiago pour finaliser l’arrivée.

Au cours de l’apéritif du soir, nous fêtons les anniversaires de Marie-Claude, Michel V, Pascale, Alain, et André qui nous avaient préparé une sangria. Nous enchaînons par un dîner festif, un peu en avance car demain Clément doit partir pour regagner Paris.

Jeudi 14 juillet    

L’organisation de la journée a été méticuleusement préparée car il fallait prévoir un certain nombre d’allers et venues pour permettre à tous les pèlerins y compris le pèlerin chauffeur, le pèlerin cuisinier, le pèlerin « joelette » de partir avec le groupe directement avec les joelettes du Monte do Gozo, dernier lieu de camp.

Nous voilà quittant le camp à 8 heures du matin, très habillés car il fait très froid entre 5 et 10 degrés. Quand le soleil paraît, chacun commence à enlever ses « pelures » pour que nous arrivions tous en tee-shirt de Compostelle 2000 sur la place d’Obadeiro.

En quittant la cime de la colline de Monte do Gozo d’où il était possible de contempler la tant désirée ville de Saint Jacques, il est inutile de décrire la jubilation que les pèlerins ressentent en voyant beaucoup plus précisément les tours de la cathédrale dont l’une est en réfection.

Peu avant, une artiste, musicienne, repérée la veille, nous attendait pour nous accompagner sur la grande place devant la cathédrale. C’était une surprise demandée par les parents de Jérôme.

P14Beaucoup d’entre nous pleuraient de joie et d’émotion. Il était difficile de chanter « Ultreia » car la grande quantité de larmes versées par nos yeux ne nous laissait pas articuler un mot. L’émotion faisait frémir nos cœurs ;

Les yeux à peine secs, nous pouvons admirer la cathédrale Saint Jacques, située sur la place del Obradeiro en direction de l’occident. C’est un ouvrage baroque tardif, érigé en 1750 remplaçant et recouvrant de ses atours baroques les sobriétés de l’ancienne église romane et parachevant ses deux tours.

BOTALes pèlerins ont pu assister à la messe des pèlerins et ont pu contempler la singulière cérémonie du Botafuméiro. (encensoir en laiton argenté, haut de 1,60 m et pesant 54 kg. À l'origine, il servait à parfumer la cathédrale. Il pend à une corde sous le transept).

Pendant qu'on le balance comme s'il s'agissait d'un pendule, huit hommes (tiraboleiros) donnent de la corde au point le plus élevé du mouvement et tirent sur elle au point le plus bas. On accroît ainsi l'oscillation de l'encensoir pour l'élever à 20,6 mètres de haut dans la voûte, en formant un arc de 65 mètres tout au long du transept, depuis la porte de la Azabachería jusqu'à celle de Platerías. Il passe au ras du sol à une vitesse de 68 km/h en laissant derrière lui un fin sillage de fumée et d'encens.

L'odeur générée par la masse des dormeurs dans la nef nécessitait un encensoir de cette taille et de ce poids.

Pendant ce temps-là, Bérengère et André vont avec Clément récupérer sa Compostella au nouveau bureau des pèlerins. Ensuite, le trio fait un grand tour dans la ville avant d’aller à l’aéroport pour conduire Clément qui par pour les JMJ.

Après la messe, le groupe s’est dispersé dans la ville pour se restaurer.
Chacun a pu regagner le camp en fin d’après-midi pour commencer les premiers rangements du camp et préparer la journée du lendemain à Fisterra.

Dernière soirée au camp de Monte do Gozo, chacun s’affaire au rangement.

Au repas du soir, les PMR nous font un récapitulatif des grands moments depuis que notre pèlerinage a débuté en 2011.

Vendredi 15 juillet

Depuis quelques nuits, il fait moins froid.

Nous accueillons au petit déjeuner, la femme de Michel B accompagnée d’une amie japonaise. Ils iront avec nous jusqu’au bout de la terre.

Gabriella et Didier doivent nous quitter pour assister à un mariage en région parisienne.

Comme tous les pèlerins désirent aller encore plus loin, le groupe se dirige en car là où le chemin s'arrête à Fisterra.

CarteLa Finis Terrae (Fisterra, comme on l'appelle en galicien) est devenue depuis lors un des lieux incontournables pour tous ceux qui font le chemin de Saint-Jacques.

Les trois derniers kilomètres, nous les ferons en joelette pour arriver au phare. C’est encore un moment d’émotions d’être face à cette mer d’huile et d’un très beau bleu.

Un petit incident nous a arrêtés sur le port car l’un d’entre nous est tombé sur le rebord du trottoir et s’est blessé. Plus de peur que de mal ; La personne qui a fait la chute nous a rejoints rapidement au phare.P15

Nous repartons après avoir pris des photos sur le « km 0 » et fait le tour du phare pour repartir vers Muxia.

Là nous avons fait un pique-nique à côté du sanctuaire de la Virxe da Barca, la Vierge de la barque. Selon la tradition, la Vierge arriva à cet endroit magnifique dans une barque en pierre pour encourager l'apôtre saint Jacques à continuer de prêcher sur ces terres.

Le chemin a un début et une fin. Le but de celui de Saint Jacques est son tombeau de Compostelle puis le bout du monde.

Nous avons été saisis par cette empreinte profonde dans le paysage qu’a laissée ces milliers de pèlerins. On peut suivre, pas à pas, le chapelet des monuments nés de la longue marche et de la dévotion à Saint Jacques, balisant pour ainsi dire la route sur des centaines de kilomètres.

Maintenant, il faut conclure en prenant les mots que chantaient les pèlerins médiévaux :

ULTREÏA, ULTREÏA

(Allons plus loin)

Merci à tous les organisateurs,
Merci aux encadrants des 6 étapes,
Merci aux référents de Jérôme qui ont assuré un rôle essentiel pour sa prise en charge,
Merci à tous ceux qui ont contribué aux soins et au bien-être de Jérôme,
Merci aux chauffeurs,
Merci à tous les PMR d'avoir apporté leurs différences et leurs sensibilités,
Merci aux forçats de la joëlette, aux porteurs et aux techniciens,
Merci à tous ceux que nous ne connaissons pas mais qui ont fait de ce pélerinage une réussite, un lieu d'échanges, de partage et d'empathie,
Merci pour cette très belle aventure offerte à Jérôme : chaque année, il est revenu enchanté avec de merveilleux souvenirs et l'envie de repartir l'année suivante pour un nouveau cheminement.
A chaque fois, au retour, nous constatons les bienfaits de la vie en communauté : il articule mieux, gagne en autonomie et nous fait part de joies et  éclats de rire partagés.
A chaque fois, il a eu le sentiment de faire partie d'une famille et d'être intégré dans un groupe lui permettant de s'épanouir loin de ses parents et de sa famille.
Il a fait pendant ces 6 ans de superbes rencontres et lié de belles amitiés qui, nous l'espérons, perdureront. Jérôme aura toujours plaisir à recevoir des nouvelles des pélerins 2011/2016. 
Jérôme se souviendra avec émotion de ces 6 étapes avec une mention particulière pour l'arrivée à Saint Jacques de Compostelle : concrétisation de ces presque 3 mois de pérégrinations.
Encore merci à tous et bonne chance aux futurs pélerins de 2017.
Amitiés à tous.
Cécile, Jérôme et Serge LOUVEL
 

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